mercredi 10 mars 2010

justice : vers l'imitation du modèle italien

Les magistrats ont défilé hier pour protester contre la réforme de la Justice décrétée par l'équipe de Badinguet - le bouclier. Dixit Martine Aubry : "... La Justice a été dans la rue pour la défense de la République... Le pouvoir actuel veut se donner les moyens de contrôler les affaires... "

La France gouvernée selon le modèle berlusconien ? Un mauvais western spaghetti, pas al dente du tout, mais bel et bien projeté sur les écrans de nos consciences.

Quel modèle que ce Silvio Berlusconi ! Souvenez-vous de l'une de ses petites phrases à propos de son pote de Neuilly : "... Je lui ai tout appris..."

Très vraisemblablement. N'est-ce pas non plus du séducteur italien, cette propension à utiliser certaine presse aux ordres pour faire, cette semaine, publier une pseudo-interview dictée par Badinguet-le bon élève soi-même en fin de campagne électorale, une littérature partisane destinée à influencer l'électorat à la veille d'un scrutin ?

Quand, en République Française, on utilise la fonction présidentielle pour servir d'autres ambitions que le bien public dont une Justice indépendante devrait être le protecteur, celles et ceux qui connaissent les chemins de l'Histoire ont bien des raisons de craindre pour nos libertés.

Tout indique, à la lecture chronologique des décisions prises, des événements produits et des comportements induits depuis l'année 2007, qu'elles sont en danger.

Mais bon ! Continuons à dormir, la tête enfouie dans l'oreiller de nos inerties.

mardi 9 mars 2010

les laboureurs et leurs enfants

Nous n'aurons jamais vécu une campagne pour les élections régionales aussi stupide, autant à côté de la plaque... Tout le monde (ou presque) le dit, tous les médias (sauf la télé) le clament et personne ne cherche pourtant à quitter le champ de la médiocrité. Pourquoi ?

Peut-être parce que, sur ce champ, de sillons tracés à droite et de sillons tracés à gauche, personne ne cherche à sortir. Les charrues sont automatisées, les tracteurs roulent seuls ou presque et leurs conducteurs sommeillent, climatisation et stéréo réglées au degré et sur la chaîne conseillée. Pourquoi donc prendre la peine de reprogrammer ces machines puisqu'en final on récolte ? Roule ma poule...

Alors le champ n'est plus que de droite et que de gauche. Les récoltes en sont partagées entre deux clans : celui des laboureurs droitiers, celui des laboureurs gauchers. Cela s'appelle l'alternance. Les laboureurs concernés sont satisfaits : chacun profite confortablement de la situation. Aucune question de fond n'est posée, du genre : les sillons sont-ils bien orientés ? Le champ n'est-il pas trop ombragé ? Les engrais (chimiques) utilisés sont-ils les bons ? Et leur dosage ? Et les pesticides ? Et les herbicides ? Vend-on les récoltes à juste prix ? Et, même, sème-t-on bien la bonne graine ? Non, tout va bien, c'est confortable. Et puis, qui, du commun, fera la différence entre un sillon partant de droite et un sillon partant de gauche sur la même ligne de labour ? Allez, ma poule, roule toujours...

Vers qui roule la poule ? Vers des consommateurs-électeurs qui acceptent d'avaler n'importe quoi, qui ont oublié jusqu'au sens du goût et des saveurs de la réflexion, qui grapillent ici et là quelques miettes comme si elles étaient le gâteau tout entier. Pour qui roule la poule ? Pour tous les nantis installés dans cette situation droite-gauche (auto-réversible en gauche-droite) qui lesd arrange, les conforte et les fait profiter.

Aussi quand une autre génération de laboureurs pointe le bout de charrues autrement affûtées, les droitiers-gauchers (auto-réversibles en gauchers-droitiers) refusent de participer au concours de labours que les nouveaux arrivants leur proposent. Et pour que l'idée ne fasse pas son chemin dans des esprits pas tout à fait endormis, ils cherchent à la saborder. Pour ce faire, ces riches laboureurs bien en place disposent de moyens importants et efficaces... Souvent intellectuellement et moralement malhonnêtes mais efficaces...

Et les téléspectateurs-auditeurs-lecteurs engrangent : droite-gauche, droite-gauche, droite-gauche, gauche- droite !... Attention dans les rangs ! On recommence : en avant, marche, gauche-droite, gauche-droite !... Abrutis par le poids des ordres et le choc des décibels, ils marchent mécaniquement au pas. Un pas cadencé bien martelé, les pieds enfouis dans des godillots cloutés rarement à leur pointure, inconfortables et bien lourds. Pesants de la lourde glaise de l'ignorance, de l'habitude, d'un alléatoire confort provoqué par quelque boule de coton glissée au fond de la chaussure.

Assis dans l'herbe (il en reste encore !) au bord du champ, attendant les pâquerettes du printemps, je scrute la butte qui marque le plein centre du champ et j'espère y voir apparaître deux charrues couplées. Marques Modem et Europe Ecologie.

Les blés seront-ils blonds cet été ?

dimanche 7 mars 2010

pourquoi vont-ils si bien ensemble ?


Après le surprenant mais révélateur rétro-pédalage de Badinguet-l'écolo, samedi au Salon de l'Agriculture à propos de la primauté d'une agriculture intensive sur la qualité de la vie (il n'y a pas de mots assez durs pour qualifier cette effarante prise de position), et la décision de la Commission européenne d'autoriser la culture de la pomme de terre transgénique "Arnflora", fruit du génie chimique de la firme allemande BASF, de petits fouineurs ont pénétré dans les coulisses européennes et soulevé un voile :




Quel rapport, direz-vous, entre Badinguet - le vertueux, Angela Merkel et José Manuel Durao Barroso ? C'est simple : celui d'une complicité objective en faveur des grands trusts. En faveur du monde de l'argent, abreuvoir du pouvoir politique, auquel ils sont accrocs. Et, Français, ne cherchons plus à interpréter le long silence de Jean-Louis Borloo qui fut l'un de nos ministres favoris... Nous savons maintenant sous quel comptoir il se planque... Qui n'est pas celui d'un estaminet dans lequel on sert du jus de pomme vraiment bio.

Ces comportements, ces prises de décision(s) sont la révélation, la mise au jour de réalités tangibles. A celle ou à celui qui dit ne pas comprendre, je répondrai qu'elle(il) ne veut pas comprendre, qu'elle(il) adopte les trois attitudes du singe (se voiler la face, se boucher les oreilles, se scotcher la bouche)... Et que son silence, son laxisme, son individualisme sont les facteurs d'une autre complicité objective. La sienne, pour ces gens-là.

Les firmes chimiques, les firmes agro-alimentaires (c'est du pareil au même) ont de beaux jours devant elles. Pas la planète. Surtout pas la planète dont on sait encore mieux aujourd'hui qu'avant le désastreux sommet de Copenhague qu'elle est bel et bien sacrifiée aux démons de l'argent et du pouvoir (tel qu'il existe actuellement) par une ou deux poignées de gens.

Prenez le temps de visualiser (et écouter) les quelques vidéos suivantes pour conforter le plaisir que cela vous procure, et toujours et encore voter en faveur de gangsters. Car porter sciemment atteinte et pour des raisons d'intérêts financiers à la santé publique, à la vie planétaire, n'est-ce pas commettre des actes hautement répréhensibles ?







Ils vont tous si bien ensemble... Soutenus par les plus importants syndicats professionnels agricoles de France.

jeudi 4 mars 2010

Bellevue découvre l'horizon

Savez-vous que les grèves se multiplient chez les enseignants du secondaire ? Savez-vous pourquoi ces enseignants font grève, s'opposent à leur père nourricier, le célébrissime Mammouth ? Vous pouvez très simplement dire que "voilà des privilégiés qui crachent dans la soupe". Vous pouvez également penser que quelques grèves de plus ou de moins dans le paysage national ne font que conforter l'image bien répandue et entretenue "du petit Français jamais content, du petit Gaulois râleur et provocateur". Dans le meilleur des cas, vous pouvez aussi vous demander pourquoi ce xième tintouin à l'Education Nationale...

Là, entre informations et désinformations, si vous n'êtes pas vous-même élève, parent d'élève(s) ou enseignant d'un établissement concerné, et si vous voulez comprendre, vous risquez de devoir courir vers la pharmacie la plus proche de votre domicile, histoire de mettre vos neurones et autre synapses à l'abri.

En fait, l'affaire - car il s'agit d'une affaire entre citoyens et pouvoir - est simple, qui se résume en une question : acceptons-nous le laminage de l'instruction de nos enfants ?

"laminage" : action de réduire quelque chose, dans le dictionnaire (toujours utile un dictionnaire, surtout par les temps qui courent !).

C'est là que se situe un véritable et crucial problème pour notre société. En laissant faire le pouvoir actuel, nous participons à l'amoindrissement du niveau d'instruction de nos enfants et petits-enfants, nous encourageons une main-mise sur leur intelligence, nous favorisons un conditionnement des esprits, nous livrons les générations futures à un "Big Brother". C'est le choix d'une dictature.

Ne regardons surtout pas ces grèves comme des éruptions boutonneuses de printemps. Considérons-les et comprenons-les pour ce qu'elles sont : une sonnette d'alarme.

Déclenchera-t-elle notre réveil ?

> Pour entrer dans le coeur du mouvement et comprendre, lire la lettre adressée par les enseignants grévistes aux élèves et aux parents d'élèves du lycée Bellevue d'Albi.

notre photo (photo Legio VIII Augusta) : journée romaine pour des lycéens albigeois

mercredi 3 mars 2010

le véritable prix du caviar

Dans un supermarché d'une petite ville voisine, le prix du kilo de poireau était fixé à 1,87 € la semaine dernière. Cette semaine, le kilo de poireaux est vendu 2,75€ au même endroit.

Prix d'un poireau de taille moyenne : près de 1 €.

à votre santé ! ayez toujours la patate !


Le mot "dictature" fait un tabac dans le vocabulaire des peuples : dictature des marchés financiers, dictature des lobbies (du dictionnaire : "groupe de personnes exerçant une pression sur les pouvoirs publics en vue d'obtenir des intérêts particuliers"), apprentissage en dictature de Badinguet-le bientôt grand perdant des élections régionales, dictature de la Commission européenne et, surtout, dictature de la connerie ambiante...

Par effet de balancier - mais qui, de celles et de ceux qui observent et réfléchissent tant soit peu, ne s'en serait douté ? le mot "démocratie" risque d'être acculé dans les cordes...

A propos des marchés financiers, lire absolument les deux excellentes analyses de Joseph E. Stiglitz, prix Nobel d'économie, et de Jean de Maillard, magistrat, publiées sous les titres respectifs de "Le Triomphe de la Cupidité" (éditions LLL les liens qui libèrent) et de "L'Arnaque" (éditions Gallimard, collection le débat). La revue Télérama de la semaine dernière leur a consacré un article. Ayez ces bouquins dans votre bibliothèque, ce sont des références quant à l'état du milieu financier et du comportement de ses acteurs. Très édifiant.

Ne serait-ce que par effet inter-actionnel d'avec le milieu financier, les tout puissants lobbies co-gèrent la planète avec celui-là. Qu'est-ce que cela donne concrètement pour les peuples ? Neuf mots - duperie, pollution, vie chère, santé publique, chômage, avenir compromis - composent la réponse. Pas besoin d'ajouter le moindre dessin.

Monsanto, roi des lobbies, champion parmi les champions de la pollution et des atteintes à la santé publique, est rejoint par BASF qui vient de faire officialiser la mise en culture de pommes de terre OGM par la Commission européenne agricole. Entendu ce matin sur les ondes de France-Inter, Dacian Ciolos, ancien ministre de l'Agriculture de Roumanie, nommé commissaire européen à l'Agriculture le 27 novembre 2009, a textuellement déclaré que, comme toute autre décision d'autorisation de mise en culture, "cette décision a été prise sur la base d'études scientifiques..." Or, qui mène les études scientifiques en question ? A 90% les scientifiques salariés des laboratoires des industries lobbyistes. Fermez le ban!

Nous sommes pris pour des cons ! Et beaucoup parmi nous, hélas, se complaisent dans la connerie ambiante, essentiellement favorable à ceux-là même qui... etc... etc...

Le courageux Dacian Ciolos (s'il continue sur le même chemin, voici un commisaire à l'avenir richement prometteur) s'est vautré dans l'hypocrisie en ajoutant que "les Etats membres ne sont pas obligés d'appliquer cette décision... Qu'il s'agit d'une procédure administrative..." et, qu'en final : "... le choix revient aux agriculteurs eux-mêmes...". Ubu - encore toi - au secours !

Où donc est l'Europe ? De quels poids pèsent les décisions de ses Commissions ? Quel est le réel pouvoir du Parlement européen ? Au service de qui et pour quoi l'administration européenne fonctionne-t-elle ? Quelle est la traçabilité des décisions techniques européennes ? Comment communique l'Europe avec les citoyens et quelle est la valeur de ses déclarations ?

A titre d'exemple, je viens d'aller sur le site : http://ec.europa.eu/agriculture/index_fr.htm et j'ai cliqué sur OGM. Réponse : "l'information que vous recherchez n'est pas disponible dans la langue de votre choix". Donc, sur une page écrite en langue française, une info uniquement disponible en langue anglaise cela va de soi... Surtout quand l'on connait le pourcentage de Français parlant et écrivant l'Anglais. Excellente façon d'envoyer baigner le peuple ! Sainte Mère Désinformation, priez pour nous !

En attendant, quel est l'agriculteur qui va se détourner des pesticides et des herbicides industriels ? Et, maintenant, quel est l'agriculteur qui va refuser à son fournisseur -bien convaincant grâce à une formation et une documentation aussi ad-hocs que mensongères - de planter des patates OGM ? Quand l'on sait que dans toute école d'agriculture on enseigne notamment à utiliser pesticides, herbicides et autres saloperies (j'ai choisi le mot) assassines - sous l'influence sponsorisante de l'industrie agro-alimentaire - on peut s'attendre à tout sauf à préserver sa santé.

Allez ! Ayez toujours la patate ! Et n'oubliez pas qu'en mangeant de la m... vous permettez à ceux qui nous empoisonnent de s'empiffrer de caviar.

vendredi 26 février 2010

les herbicides de la félicité


La Salon de l'Agriculture de Paris va ouvrir ses portes. Le traditionnel ballet des visites "politiques" va se dérouler sous les objectifs de généreuses caméras et ce "marronnier" des journalistes va ravir la "Une" de l'information aux malheurs du monde. Classique à tendance vaporeuse. L'on va certainement gloser sur une absence : celle de Badinguet-le respectueux. Et, comme je le fais ici, remettre sur le tapis la célèbre petite phrase présidentielle : "Casse-toi connard !...", d'une inauguration naguère ratée.

Le courage a ses limites, n'est-ce pas ? Comme l'inconscience d'ailleurs.

Mais foin de l'événement. Marchons dans la glaise. Voici peu, je discutais avec un professionnel de la nature, un forestier pour être plus précis, et je lui vantais la qualité "naturelle" de la montagne sur laquelle nous avions "la chance" de vivre. Avec un sourire de commisération, cet homme bien au fait de l'état des choses m'a rétorqué que, là comme ailleurs, des agressions contre la nature se poursuivaient sans répit et en dépit de tout discours officiel, protecteur et mensonger, perpétrées par ceux-là même qui devraient en être les plus fervents protecteurs : les résidents secondaires et les exploitants agricoles.

Ces agressions dévastatrices sont, selon mon interlocuteur, provoquées par la pratique de deux usages redoutables : l'habitude et la facilité. Les herbicides "pratiques", comme le "Round Up" (merci Monsanto, premier destructeur de la planète) largement utilisé et répandu sur les terres d'ici (et d'ailleurs) s'infiltrent dans les sols et, tôt ou tard, parviennent dans les eaux souterraines, dans les eaux des rivières et des lacs. La substance active du "Round Up", le glyphosate, poursuit ainsi son petit bonhomme de chemin jusque dans tout corps animal, jusque dans tout corps humain et provoque, selon la dose ingérée, "une congestion des poumons, une accélération du rythme respiratoire, un endommagement des reins et des effets sur la reproduction..." (source Wikipédia et bien d'autres révélations très crédibles sur Internet).

Faut-il attendre d'être sur un lit de souffrance pour s'insurger ? Nous sommes trop endormis et bien trop laxistes pour ne pas faire mieux. D'expérience, je sais que lorsque l'on critique de tels usages, on s'entend répondre (très agressivement et, parfois, jusqu'à une ponctuation par des coups) "que l'on n'y connaît rien, que l'on se mêle de ce qui ne nous regarde pas, que l'on ne respecte pas une profession difficile et... que, de toute façon, il n'y a plus le choix ! " Etc... En bref, qu'une saine curiosité et un souci de "bonne vie" ne sont et ne seront jamais à quelque ordre du jour que ce soit. Principalement chez les industriels agro-alimentaire et chimique et, par voie de conséquence, à la FNSEA.

Certains agriculteurs réfléchissent pourtant qui, eux, ont compris que le don de la vie devait être respecté. Que notre berceau naturel méritait plus que de perpétuelles et suicidaires agressions.
Ceux-là entretiennent désormais une relation différente avec la terre et leur environnement. Sans plus d'efforts que leurs homologues si ce ne sont ceux de plus de réflexion et de bon sens. D'un sens plus aigü de l'économie financière car, en sus de leur coût en terme de santé, les pesticides, herbicides et autres poisons coûtent cher en espèces sonnantes et trébuchantes à ceux qui les utilisent.

Encourageons l'agriculture biologique, aidons au développement des AMAP... Et disons-nous, nous qui sommes catégoriés "consommateurs" c'est-à-dire "bons à manger n'importe quoi sans devoir protester", qu'il vaudra toujours mieux sortir quelques pièces de plus de son porte-monnaie pour préserver une richesse sans mesure celle-là : NOTRE SANTE.

Et puis, avec un peu de temps, une nourriture qui fut autrefois "normale" redeviendra normale. Financièrement, les cours des matières suivront. Le principe jamais éculé de l'offre et de la demande continuera à faire loi. TOUT DEPEND DE NOTRE SEULE VOLONTE : AGISSONS POUR FAIRE BASCULER LES TENDANCES.

Agriculteurs et consommateurs sont dans un même bateau, qui doivent démentir la blague : ni l'un ni l'autre ne jettera l'un ou l'autre à l'eau, tous rameront ensemble et dans la même direction pour parvenir au port. Seulement un rêve ? Alors... I HAVE A DREAM !

vendredi 19 février 2010

Languedoc-Roussillon : un mal pour un mal

En ces temps de campagne électorale, la situation des socialistes en région Languedoc-Roussillon est très souvent évoquée par les médias. Une situation créée par Georges Frêche, président régional sortant, nourrie par l'état-major socialiste national à la suite d'un dernier et nième dérapage verbal dudit Frêche : " Laurent Fabius, il n'a pas une tronche très catholique..."

Personnage à l'égo surdimensionné, Georges Frêche sait opportunément saisir toute situation pour faire parler de lui au "bon moment". Au bon moment électoral, cela va de soi. Souvenez-vous de ses autres petites phrases, toujours à forte tonalité raciste et xénophobe, baignées dans le fiel, à propos de footballeurs et d'anciens harkis. Vous les avez en mémoire. Pourquoi cela ?

Quand on connait tant soit peu la région Languedoc-Roussillon, et la ville de Montpellier en particulier, on peut comprendre que, assis dans le premier fauteuil régional politique, le personnage Frêche se comporte d'une telle façon. D'important quartiers de Montpellier sont quasi uniquement habités par des arabes. Celui de la Paillade en est le plus significatif exemple, où l'on vit à l'heure maghrébine. Et, en terme de densité de population, cela vaut pour toutes les agglomérations languedociennes. Là et ailleurs, c'est un lot : l'on supporte très difficilement une présence arabe que l'on assimile de façon souvent simpliste mais bien réelle à des mots ou des groupes de mots comme délinquance, trafic de drogue, insécurité des banlieues, agression, vandalisme, provocation, etc, etc... Un exaspération peut effectivement se comprendre.

Une exaspération dont le dérapage verbal du président de Languedoc-Roussillon, mis en scène et réalisé devant des journalistes qui, par goût du sensationnalisme et sans recul, vont relayer et "faire mousser" l'incident, est le reflet. Rompu, comme beaucoup d'hommes politiques, à la relation avec les médias, Georges Frêche sait manipuler la presse. Pourquoi lui donner tort, là encore ? La pratique est universelle et quotidienne. Une "déchirante" histoire d'amour entre politiciens et journalistes : "Je t'aime, moi non plus..."

Alors ? Soulignons deux contrastes que les temps n'ont pas estompés : parisianisme et provincialisme. Reflets de nos vieilles provinces, les régions sont le vivier de nos particularismes franco-français et Dieu sait si nous y sommes attachés, fiers d'appartenances ancestrales géographiques et culturelles (souvenons-nous de la campagne pour le maintien des numéros de départements sur les plaques minéralogiques de nos véhicules), même si cela doit nous handicaper en regard de la mondialisation d'aujourd'hui. Et puis, il y a Paris. Paris vers laquelle tout converge. Paris de laquelle tout vient. Il y a Paris où l'on croit posséder la science infuse, il y a la province où l'on a toujours, selon les Parisiens, un "train de retard".

Au théâtre, cela s'appelle un comique de situation.

Mais dans les faits, il existe actuellement une volonté "parisienne" d'assujetir les régions. La réforme territoriale engagée par volonté impérialiste risque de provoquer de considérables et peut-être d'irréversibles dégâts dans les champs des autonomies régionales et de nos libertés. La France voulue par Badinguet-l'envahisseur : Paris et sa grande banlieue. Richelieu s'en réjouirait, qui a plus que largement contribué à la centralisation des pouvoirs dont les excès conduisirent, peu de siècles plus tard... à la Révolution.

Et Georges Frêche dans tout ça, direz-vous ? J'y reviens. Sa position est celle du président (sortant qui sera réélu) d'une importante région française (la Septimanie... dans laquelle il y a "manie") qui tient plus que tout à y maintenir un autre impérialisme : le sien. C'est un autre Badinguet. Un Badinguet à la faconde médirionale. Un Badinguet dont les excès verbaux s'inscrivent dans une tradition du Sud. Avé l'assent... Mais un Badinguet !

Depuis des décennies à la tête de tout ce qui "fait" l'agglomération montpelliéraine, Georges Frêche a créé puis développé des réseaux, imposé sa "marque" de potentat. Il suffit d'observer qui, des maires de l'agglomération de Montpellier, est dans sa mouvance ou oppose une résistance à son pouvoir pour comprendre certaines différences : par exemple, qui est bien ou mal desservi par les transports en commun de l'agglomération. Une agglomération, outil de pouvoir. Une agglomération qui cerne la ville de Montpellier dont le maire aura bien du souci à se faire quand Georges Frêche sera réélu président de la Région Languedoc-Roussillon.

Depuis Paris, l'état-major socialiste n'a rien compris à la Région Languedoc-Roussillon dont de très nombreux électeurs cohabitent mal avec leurs voisins maghrébins. Cet état-major socialiste et bien des citoyens de gauche qui habitent plus au nord de Montpellier n'ont pas pris la juste mesure d'un climat qui n'est pas influencé que par le seul soleil. Absoudre Frêche ? Il eut mieux valu tout de suite condamner ses propos. Mais le mal est fait : une réélection sur un boulevard...

Victimisé au regard des Languedociens et, ce qu'il aurait fallu davantage étudier depuis Paris, des socialistes languedociens, bientôt plébiscité, Georges Frêche, faisons-lui confiance, saura avantageusement exploiter les situations à venir. Bravo l'artiste ! Mais deux Badinguet en France, ce sera un mal pour un mal...

lundi 15 février 2010

les beaux jours de la noblesse d'Etat


Voici une image brutale (extraite du film "Le Roi des Aulnes" de Volker Schlöndorff (1996), d'après le roman de Michel Tournier), l'image de la reconstitution d'un "tableau de chasse" photographié au soir d'une partie de chasse officielle organisée par Herman Goëring, grand dignitaire du régime nazi, à laquelle avaient été conviées des personnalités germaniques complices du nazisme. Tout est sur cette photographie : la tuerie, la force brutale, le pouvoir absolu, l'arrogance, la suffisance, le profit, la complicité, le mépris...

Voici une huitaine de jours, ce type d'événement vient de se reproduire en France, sur le domaine d'Etat de Chambord. Enlevons les uniformes militaires et les armes de guerre de cette photographie. Oublions même cette photographie. Conservons simplement à l'esprit les mots précédents : la tuerie, la force brutale, le pouvoir absolu, l'arrogance, la suffisance, le profit, la complicité et le mépris.

Des ingrédients situationnels sans âge, caractéristiques et démonstratifs de toute attitude et de tout comportement générés par la lucrative fréquentation d'un pouvoir à caractère ou à tendance absolutiste. Quelles qu'aient été et quelles que soient les idéologies sous-tendues ou déclarées des gouvernants de ces hiers et de cet aujourd'hui.

Qu'en a-t-il été à Chambord ? Alors que nous imaginions le temps archaïque et révolu des chasses présidentielles de la IV° République et des débuts de la V° République figurer au tableau de l'oubli, il vient de ressurgir dans toute son arrogante brutalité. Mais, paradoxalement, en catimini si ce n'était le billet courageux de Thomas Legrand, publié lundi 7 février sur France-Inter. En catimini, c'est dire...

Un certain Pierre Charon, consiglière de Badinguet-le Prétentieux, "langue de pute" magnifiquement bien en Cour et chouchoutée selon les personnes averties, serait à l'origine de la chasse de Chambord. Une chasse présidentielle organisée au profit des privilégiés du réseau sarkozien. Dans le style : "Tu me prêtes ton yacht et, moi, je t'ouvre le domaine d'Etat de Chambord où tu vas pouvoir assouvir quelques délires et entretenir des relations très profitables..." Sur le dos bien large du contribuable, cela va de soi : Chambord domaine d'Etat, à ne pas confondre avec propriété privée de Badinguet. Quoi ? Koa ? Ne pas confondre ? Si, justement. Comme un commerçant grisé par son chiffre d'affaires peut parfois confondre tiroir-caisse et portefeuille.

Fin de vie pour le gibier. A-t-on assassiné des cerfs reproducteurs ? Silence total. Mais l'on a bien tiraillé, largement banquetté et beaucoup mis à jour les carnets d'adresses et, vraisemblablement, négocié puisque chacun était là pour soi, sous le regard complice de l'Elysée. Le tout sous la protection de gendarmes : arrière le peuple, la France ne t'appartient pas ! Une nouvelle noblesse d'Etat est née à Chambord.

Cette façon de faire, de mépriser le peuple ou ses adversaires, se répand depuis le début de l'année. Comme si l'impunité était inscrite sur la charte des privilèges de la "noblesse" sarkozienne. En vrac :

- L'acharnement, via le ministère public, vis-à-vis d'un Villepin promis "au croc de boucher" (comme sous le nazisme, soit dit bien entre parenthèses), bien qu'absous par un tribunal.
- la scandaleuse garde à vue policière d'une mineure de 14 ans.
- le double salaire de Proglio, soutenu par Jean-François Copé : "C'est comme ça !"
- du même Jean-François Copé : "Les hommes politiques ont apporté une réponse à la crise en suivant Nicolas Sarkozy. Ils ont sauvé la planète..."
- la Cour des Comptes dénonçant une France à plusieurs vitesse, inégalitaire... Dénonçant l'injustice fiscale et une foule de privilèges... Stigmatisant une France peu lisible, rongée par des particularismes qui coûtent très cher et (le mot revient souvent) sont injustes...
- 500 000 amendes qui "sautent" dans Paris.
- les super-profits de Total et la fermeture annonçée de la raffinerie de Dunkerque.
- cette phrase devenue récurrente : "On va vous débarrasser des ces gens-là... Vous en avez assez de cette racaille, on va vous en débarrasser..."
- cette autre aussi, très célèbre : "Casse-toi, pauv' con !"
- cette autre encore, prononcée courant janvier à l'encontre de toute réalité : "Dans les semaines et les mois qui viennent, vous verrez reculer le chômage..."
- Etc, etc...

La chasse de Chambord... Le n'importe-quoi raconté au peuple... Le bouclier fiscal... La pression policière... Pendant q'un million deux cent mille familles attendent un logement HLM.

A la chasse, on tire aussi sur les faisans.

mercredi 13 janvier 2010

comptes, décomptes et... mécomptes

Le 17 janvier prochain, on fêtera les Roseli(y)ne !

samedi 19 décembre 2009

Ubu sera-t-il éternel ?


Et voilà : le sommet de Copenhague accouche d'une souris...

Et voilà : les associations caritatives de France annoncent un afflux sans précédent (plus de 2 millions de personnes) aux tables de l'entraide...

Une nouvelle fois : cherchez l'erreur.

La tête dans l'poste de radio (France-Inter, bien sûr), ce matin, j'écoute les infos quotidiennes. C'est-à-dire le déroulé de tous les malheurs du monde et les affres des équipes de football en mal de bon classement.

Mais qu'entends-je d'abord ? Que les contribuables mondiaux ont dépensé en vain quelques fortunes, que des centaines de milliers de tonnes supplémentaires de CO2 ont été en vain dispersées dans l'air pour que nos attentes vis-à-vis du résultat du sommet de Copenhague soient totalement déçues. Mieux valut s'intéresser au protocole danois pour savoir qui allait s'asseoir ou ne pas s'asseoir à côté de la reine de Danemark, lors d'un banquet officiel. Ca aurait pu chauffer dans la salle de banquet, ça chauffera encore un peu plus sur la planète !

Ne croyez-vous pas qu'il serait maintenant souhaitable de conseiller à l'inénarable Roselyne Bachelot d'alimenter encore davantage notre stock de masques anti-microbiens pour les toutes proches décennies à venir ? Nos enfants et nos petits-enfants vont en avoir bigrement besoin. Conservons-leur aussi de belles images de forêts amazonienne et indonésienne, de belles images d'ours polaires. Enfin, engrangeons les témoignages d'hier et d'aujourd'hui pour que, demain, nos éventuels descendants puissent rêver... et regretter de n'être pas nés antérieurement. Une chose sera certaine : ils ne porteront pas de fleurs sur nos tombes.

Tiens, vite écrit au passage : où est donc passée la grippe ? Ah, c'est vrai, le feuilleton chirurgical de Jonnhy Halliday a pris le relais...

Nos inconscients comiques (pour une grande majorité d'entre eux élus par les peuples) ont visité Copenhague, se sont mutuellement congratulés et, comme de coutume, se sont assis à la fois sur des sièges confortables et sur les réalités du monde. Leurs bulles individuelles et portatives les protègent si bien, dont les parois opaques leur évitent de lever le regard sur le monde, hors du périmètre de leurs intérêts.

Qu'entends-je ensuite ? Que jamais, depuis l'appel de l'abbé Pierre en 1954, il n'y a eu autant de pauvreté en France. Que plus de deux millions de personnes sont attendues aux tables de la solidarité (ne parlons pas de charité, comme au XIX° Siècle : "Madame a ses pauvres...", superbe démonstration de l'hypocrisie des nantis devant les malheurs du peuple). Là, c'est fort de café.

En effet, comme les médecins allopathes tendent à soigner les effets d'un mal sans en traquer les causes, on "oublie", en France, les origines du coût de la nourriture et l'on ouvre des restos pour démunis, on distribue des denrées alimentaires quémandées ici et là, on manifeste pour l'augmentation d'un pouvoir d'achat, etc... Mais, sapristi ! Pourquoi la nourriture coûte-t-elle si cher alors que les producteurs sont aux abois parce qu'ils sont payés à coups de triques ? Pourquoi ? Parce que, c'est tellement évident, les tenant des filières situées entre ces mêmes producteurs et les consommateurs (nous tous) s'en mettent plein les poches !

Oh, souvenez-vous, voici maintenant plus de deux ans, Badinguet-le communicateur a réuni les patrons de la grande distribution pour leur demander de mettre un bémol à leurs flagrants appétits financiers. Bel effet d'annonce à la clef ! Et après ? Rien, comme d'habitude. Ou presque. Dans le cas particulier : rien ! Après la mise à profit du passage du Franc à l'Euro (entre 20 et 30% d'augmentation, entre autres, du prix des denrées alimentaires), ces mêmes patrons de la grande distribution participent à la mise à sac de notre pays et remplissent... leurs propres sacs. Ce sont des personnes sans pitié, voyez d'ailleurs comment ils considèrent leurs personnels.

Entre pouvoir politique et pouvoir financier, le premier sera toujours à la merci du deuxième. Beaucoup trop de personnes ne peuvent vraiment pas manger à leur faim dans un pays d'abondance (vous avez vu ces rayons interminables de "bouffe" dans les grandes surfaces ? Ca ne vous interpelle pas ?), c'est anormal. C'est immoral. C'est scandaleux. C'est honteux !

C'est d'autant plus scandaleux et honteux que, pour tenter de vivre "normalement", celles et ceux qui ont encore la chance d'avoir un emploi réclament à cors et à cris des augmentations de salaires. Or, réfléchissons un instant : quand un ermployeur augmente ses salariés, où va-t-il trouver l'argent ? Très souvent en augmentant le prix de vente des productions de son entreprise. Il réduit alors sa marge de manoeuvre face à la concurrence (internationale désormais), devient moins compétitif, perd des parts de marchés et, contraint, peut aller jusqu'à délocaliser l'enreprise. La suite, vous la connaissez.

Il est absolument nécessaire, que dis-je ! Vital, de traquer les causes de la cherté des produits alimentaires. Quand on regarde autour de notre pays, quand on compare le fameux "panier de la ménagère" français à celui, par exemple, d'une américaine, on tombe de haut. Oui, mais voilà : on peut tout dire des Américains, notamment blâmer leur insouciance-inconscience vis-à-vis du réchauffement climatique, mais, pour ce qui concerne le coût des denrées alimentaires aux USA, l'Etat veille au grain. C'est culturel : un Américain doit pouvoir manger à sa faim.

Qu'entends-je, enfin, pour terminer ? Une pub distillée immédiatement après l'intervention d'un responsable du Secours Populaire Français : "A Noël, mangez du foie gras ! " Fermez le ban.

jeudi 10 décembre 2009

pataquès


Entre un débat opportuniste et fourvoyeur sur l'identité nationale et la suppression du cours d'Histoire en terminale S, cherchez l'erreur...

La chronologie de notre évolution planétaire et nationale est ainsi définie par Léon Bloy : "l'Histoire est le déroulement d'une trame d'éternité sous des yeux temporels et transitoires".

Plus prosaïques, Barbey d'Aurevilly et Samuel Butler en dénoncent les manipulations. Le premier : "Malgré ses ambitions de vérité, l'Histoire n'est, après tout, que de la parole humaine, soumise à la triste condition de la parole humaine, qui est de pouvoir tromper et de pouvoir être trompée." Ce que confirme le second : "Il me semble voir une foule de mensonges qui se pressent et s'écrasent devant une petite porte, et qui se faufilent en même temps que les vérités dans le domaine de l'Histoire."

Faisons confiance à Badinguet-le trompeur et à son sbire Eric Besson, l'actuel responsable d'un ministère innommable, pour alimenter la machine à mensonges. Et raconter des histoires pour tenter de faire l'Histoire.

N'est-ce pas le quotidien dans lequel ils nous enveloppent jusqu'à satiété (état d'indifférence d'une personne dont le désir a été comblé) ? Devant tant de duperie, à nous de savoir ou d'apprendre à être vigilants. C'est le (seul, peut-être) point positif d'actes aussi négatifs.

mercredi 9 décembre 2009

pourquoi critiquer ?

Martine Aubry critique Badinguet-l'excité quand, dans une tribune du journal "Le Monde", celui-ci s'adresse d'une façon pour le moins surprenante aux musulmans de France.

Et puis, la même Martine Aubry s'en vient accepter la désignation de Georges Frêche comme tête de liste socialiste pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon. Le personnage qui a publiquement insulté des arabes français, d'anciens harkis, en les qualifiant de "sous-hommes". L'individu qui a estimé que l'équipe de France de football était trop "colorée"...

L'un, Badinguet, empereur de France, et l'autre, empereur de la Région Languedoc-Roussillon et de l'agglomération de Montpellier, font si bien la paire.

Pourquoi donc critiquer ?

lundi 30 novembre 2009

des bas et des hauts, cela fait débat



Vingt-cinq ans ! Vingt-cinq ans d'existence des "Restos du Coeur" et 10% d'augmentation de la fréquentation, cette année... Cent dix millions de repas prévus ! La plus grande défaite sociétale que connaisse notre Pays... Pensés par Coluche pour mettre le doigt sur une misère à évacuer, les "Restos du Coeur" sont désormais détournés de leur destination première. Par obligation. La généreuse organisation de Michel Colucci prend place au rang des avatars saisonniers et institutionnalisés.

La France d'en bas tente elle-même de palier ses souffrances par le jeu d'une entraide qu'effleure à peine du regard la France d'en Haut, préoccupée qu'elle est par la course aux gains et par l'augmentation incongrue des salaires de certains patrons tels celui d'EDF, dernier en date. On ne s'entraide pas chez les requins, on dévore d'abord les petits poissons et puis on s'entredéchire pour élargir toujours et encore son espace financier. Pour passer le temps, en quelque sorte, tant il s'agit là d'ordinaire.

On dit que l'augmentation de la fréquentation des "Restos du Coeur" est consécutive aux dégâts causés par la dernière "crise". Verrez-vous un Français d'en haut venir y tendre la main ? Non. Les dégâts sont bons pour celles et ceux qui y sont habitués, dont c'est le lot quasi quotidien. Car lutter et se couper les cheveux (ou autre chose) en quatre pour pouvoir manger, dormir, s'abriter, travailler, se vêtir, etc... c'est bien le lot des Français d'en bas. Lutter pour survivre. Et, si possible, dans la dignité, mot inconnu du Français d'en haut qui manie un autre vocabulaire : cynisme, mensonge, duplicité, arrogance, pouvoir, argent, etc...

Imaginez cette France d'en bas vivant majoritairement dans nos provinces, menant (quand elle peut subvenir à l'essentiel) son existence au sein de la diversité régionale. Réfléchissez aux termes du discours de Badinguet-le-dévoreur devant les responsables UMP, en ouverture à la campagne des élections régionales, qui nationalise le sujet. Vous assistez non seulement à un remake de la campagne des élections européennes, donc un détournement d'objet, mais vous constatez également la confirmation d'une volonté, que dis-je ! d'une organisation pour mettre à bas les "pouvoirs" régionaux. Objectif nettement lisible : recentraliser pour aboutir à la création d'un prochain parti, le MBMF. Traduisez : "Moi Badinguet Maître de la France"

En marche vers un système dictatorial ? C'est le coeur du discours à l'UMP. C'est l'un des objectifs de la réforme territoriale annoncée qui peut tomber brutalement d'en haut sur un bas trop préoccupé par sa survie pour tenter de réfléchir au sujet et, surtout, de s'en insurger.

Ah, si j'avais un marteau ! Je taperais le jour, je taperais la nuit... Je taperais sur le mur de nos indifférences pour le lézarder. Comme d'aucun a tapé sur le mur de Berlin en s'accommodant de la machine chronologique... Mais le personnage ne brandissait pas un marteau, seulement un mensonge, outil combien efficace dans la main d'un Français d'en haut.

samedi 28 novembre 2009

petites notes ridicules

Désolé, mais tout à l'heure, c'est-à-dire au moment de l'écriture du précédent texte, j'ai omis une information de taille. Journalistiquement, un scoop : la candidature permanente de Ségolème Royal à la présidence de la République française.

Entre un brasseur d'air et une poupée teigneuse, les Français ont choisi en 2007. En quelque sorte, le choix du "moins pire". La voie d'un désert que la France traverse parce qu'il le faut bien. C'est l'affaire du temps. Celui qui passe. Choix oblige.

Voici donc une scène de cirque qui apparaît périodiquement sous les feux de la rampe : Ségolène Royal faisant glisser ses ballerines sur le fil de l'équilibriste. Charlie Chaplin aurait aimé. Il apprécierait surtout le final (à venir) : ce qui se passera quand, lassés de tenir la corde tendue, Martine Aubry et Laurent Fabius s'en iront convoler au grand jour, faisant choir la trop légère égocentrique.

Il est des personnages sonnant moins creux et dont l'ego, s'il a pris de bonnes claques, s'est remodelé (tous les personnages politiques ont, par postulat et vocation, un ego surdimensionné) à l'expérience des erreurs (errare humanum es), a mis à profit l'obligé mais, aussi, indispensable recul d'un semi-retrait de la scène pour atteindre le plan de la vision systémique, gagner le privilège d'une possible réflexion. Réfléchir avant d'agir... Plus prosaïquement et trivialement, s'agiter les neurones plutôt que de brasser le vent.

François Bayrou est l'un de ces personnages. Devenu bête de cirque à la suite de son altercation avec Daniel Cohn-Bendit (complice ou pas de Badinguet, dans le cas de figure ?). L'homme se refait, tire les leçons d'une colère et... Y cause bien dans l'poste ! L'ayant entendu un de ces avant-derniers matins sur les ondes de France-Inter, j'ai imaginé qu'il était susceptible de remonter en selle et de faire de nouveaux tours de piste, cette fois sous les applaudissements du public. Car François Bayrou réfléchit, parle quand il le peut (c'est-à-dire quand les médias réalisent qu'il existe) et présente alors une vision de l'état de la France et de son devenir qui devrait nous inspirer tout autant de réflexion. Mais, bon, y faut aller s'faire vacciner, y'a pas qu'ça à penser...

Et pendant ce temps, Badinguet lisse les moustaches qu'il n'a pas, guette les souris du PS désorientées par la famine, s'apprêtant pour le jeu exquis et cruel "du chat et de la souris" avant de dévorer méticuleusement ses victimes. Ronronnant enfin, seul en piste, miaulant, la tête dans les sunlights, un scrutin uninominal à un tour.

Mais le public est parti. Le cirque est vide. Il ne reste que la sciure de la scène pour être soulevée sous ses pas de plus en plus ralentis. Qu'importe ! Demain, le spectacle continue ! La vie continue !